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Vivaqua - Le prix de l’eau n’est pas une variable d’ajustement !

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Quand les impayés deviennent une facture collective

À Bruxelles, la hausse annon­cée du prix de l’eau pour 2026 est jus­ti­fiée par la néces­si­té de com­pen­ser les impayés de Viva­qua. Cette logique, qui fait peser sur l’ensemble des usa­gers les dif­fi­cul­tés finan­cières de l’opérateur, sou­lève de sérieuses ques­tions d’équité, de régu­la­tion et de gou­ver­nance du ser­vice public de l’eau.

Faire payer les solvables n’est pas une solution

Per­sonne ne nie l’existence d’un pro­blème d’impayés. Il est réel, com­plexe, et sou­vent lié à la pré­ca­ri­té. Mais trans­for­mer ce pro­blème en hausse tari­faire géné­ra­li­sée revient à dépla­cer la dif­fi­cul­té plu­tôt qu’à la résoudre.

Cette logique péna­lise indis­tinc­te­ment :

  • les ménages qui paient déjà leurs fac­tures dans un contexte de forte pres­sion sur le pou­voir d’achat ;
  • des usa­gers qui n’ont aucune res­pon­sa­bi­li­té dans la ges­tion des impayés ;
  • et, para­doxa­le­ment, des ménages fra­giles qui risquent de bas­cu­ler à leur tour dans la dif­fi­cul­té à payer.

L’eau n’est pas un ser­vice comme les autres. C’est un bien essen­tiel. Toute hausse tari­faire doit donc être éva­luée d’abord à l’aune de son impact social.

Une confusion entre coûts du service et défaillances sociales

D’un point de vue plus tech­nique, inté­grer les impayés dans la struc­ture tari­faire pose ques­tion. Les tarifs d’un ser­vice public sont cen­sés reflé­ter les coûts struc­tu­rels et maî­tri­sables du ser­vice : pro­duc­tion, dis­tri­bu­tion, entre­tien des infra­struc­tures.

Les impayés relèvent d’autres dimen­sions :

  • pré­ven­tion insuf­fi­sante des situa­tions à risque ;
  • accom­pa­gne­ment social par­fois tar­dif ou incom­plet ;
  • méca­nismes de soli­da­ri­té publique mal cali­brés.

Les consi­dé­rer comme un coût “nor­mal” à réper­cu­ter sur l’ensemble des usa­gers revient à brouiller la fron­tière entre tari­fi­ca­tion et poli­tique sociale — au détri­ment de la trans­pa­rence et de l’équité.

Un précédent dangereux pour l’avenir

Le point le plus pré­oc­cu­pant est peut-être ailleurs : cette déci­sion crée un pré­cé­dent.

Si l’on accepte aujourd’hui que les impayés jus­ti­fient une hausse géné­rale des tarifs, qu’est-ce qui empê­che­ra demain de recon­duire ce méca­nisme ? Pire : de l’amplifier ? On ins­talle alors l’idée que toute dif­fi­cul­té finan­cière de l’opérateur peut être com­pen­sée par une hausse auto­ma­tique pour les usa­gers.

Ce type de logique :

  • affai­blit les inci­ta­tions à trai­ter les causes struc­tu­relles des impayés ;
  • bana­lise le trans­fert de risques vers les consom­ma­teurs ;
  • fra­gi­lise la pré­vi­si­bi­li­té des tarifs, pour­tant essen­tielle pour les ménages.

Des alternatives existent

Contes­ter cette hausse ne revient pas à nier les dif­fi­cul­tés de Viva­qua. Cela signi­fie refu­ser une solu­tion de faci­li­té.

Des alter­na­tives existent :

  • ren­for­cer les dis­po­si­tifs de pré­ven­tion et d’alerte pré­coce ;
  • mieux cibler les méca­nismes de soli­da­ri­té ;
  • mobi­li­ser, si néces­saire, des com­pen­sa­tions publiques spé­ci­fiques plu­tôt qu’une hausse géné­ra­li­sée ;
  • amé­lio­rer la trans­pa­rence sur la ges­tion des impayés.

Ces pistes sont plus com­plexes, mais elles sont aus­si plus justes et plus durables.

Que devient l’argent des impayés si elles sont recouvrées ?

La hausse du prix de l’eau pour com­pen­ser les impayés de Viva­qua pose une ques­tion cru­ciale : que se passe-t-il si ces impayés sont ensuite récu­pé­rés ?

  • Les sommes recou­vrées ne sont géné­ra­le­ment pas rever­sées aux usa­gers qui ont sup­por­té la hausse.
  • La hausse devient donc défi­ni­tive, même si la jus­ti­fi­ca­tion ini­tiale dis­pa­raît.
  • Ce méca­nisme crée une asy­mé­trie : les pertes sont mutua­li­sées immé­dia­te­ment, alors que les gains futurs pro­fitent uni­que­ment à l’intercommunale.

Pour­quoi c’est pro­blé­ma­tique :

  • Réduit l’incitation à pré­ve­nir et recou­vrer effi­ca­ce­ment les impayés.
  • Trans­fère dura­ble­ment le risque finan­cier sur les usa­gers sol­vables.
  • Aucun méca­nisme auto­ma­tique de com­pen­sa­tion ou de révi­sion tari­faire n’est pré­vu.

L’usager n’est pas responsable des gains non redistribués

Même si Viva­qua réus­sit à recou­vrer ulté­rieu­re­ment une par­tie des impayés, les clients qui ont payé la hausse ini­tiale n’en béné­fi­cient géné­ra­le­ment pas. Pour­tant, ils ne sont en rien res­pon­sables :

  • Les usa­gers paient leurs fac­tures à temps et res­pectent leurs obli­ga­tions.
  • Ils n’ont aucun contrôle sur la ges­tion des impayés, la capa­ci­té de recou­vre­ment de Viva­qua ou les déci­sions finan­cières internes.
  • Les gains récu­pé­rés résultent de pro­cé­dures internes ou de déci­sions de tiers, pas de l’action des clients sol­vables.

Le dés­équi­libre est donc clair : les pertes sont auto­ma­ti­que­ment mutua­li­sées sur tous les usa­gers, mais les gains futurs res­tent avec l’opérateur. L’usager subit le risque sans en être la cause, ce qui pose un pro­blème d’équité fon­da­men­tal dans la tari­fi­ca­tion de l’eau.

Ques­tion au régu­la­teur et aux déci­deurs poli­tiques :
"Si les impayés sont recou­vrés demain, les usa­gers qui ont sup­por­té la hausse béné­fi­cie­ront-ils d’une baisse de tarif ou d’une com­pen­sa­tion ?"

Défendre une autre vision du service public

Accep­ter que les impayés soient réper­cu­tés sur tous, c’est accep­ter une trans­for­ma­tion silen­cieuse du modèle du ser­vice public : moins pro­tec­teur, moins équi­table, plus auto­ma­tique.
Contes­ter cette mesure, c’est rap­pe­ler une évi­dence trop sou­vent oubliée : le prix de l’eau n’est pas qu’un para­mètre comp­table. C’est un choix poli­tique.

Interpeller le régulateur et les responsables politiques

Cette hausse tari­faire n’est ni une fata­li­té ni un simple ajus­te­ment tech­nique. Elle résulte de choix qui relèvent plei­ne­ment de la régu­la­tion et de la res­pon­sa­bi­li­té poli­tique.

Il appar­tient à Bru­gel, en tant que régu­la­teur des tarifs de l’eau à Bruxelles, d’examiner de manière cri­tique la jus­ti­fi­ca­tion de cette réper­cus­sion des impayés sur l’ensemble des usa­gers, et de fixer des limites claires à ce qui peut (ou non) être inté­gré dans la tari­fi­ca­tion d’un ser­vice public essen­tiel.

Il appar­tient éga­le­ment aux res­pon­sables poli­tiques régio­naux de s’assurer que l’accès à l’eau reste effec­ti­ve­ment garan­ti, sans que les ménages sol­vables soient appe­lés à com­pen­ser indé­fi­ni­ment des défaillances struc­tu­relles par des hausses suc­ces­sives de tarifs.

Les citoyens, asso­cia­tions et usa­gers concer­nés ont tout inté­rêt à faire entendre leur voix : en inter­pel­lant Bru­gel, en ques­tion­nant leurs repré­sen­tants régio­naux, et en refu­sant que ce pré­cé­dent s’installe dans le silence.

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